COMMUNIQUÉ DE PRESSE
COMMUNIQUÉ DE PRESSE - ORDRE ET JUSTICE
Le, 5 octobre 2026

Lycées incendiés, policiers et pompiers pris pour cibles : le gouvernement a laissé faire. Il est temps que l’État gouverne.
En une semaine, le gouvernement a laissé un mouvement lycéen dégénérer en émeute. Le seul jeudi 1er octobre, plus de trois cents policiers, gendarmes et pompiers ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur lui-même. Près de deux mille personnes ont été interpellées en une journée. À Belfort, une enquête pour tentative d’homicide sur un policier est ouverte. À Marseille, un camion des marins-pompiers, venu éteindre un incendie, a été attaqué puis brûlé. À Besançon, les véhicules de secours ont été caillassés. Des proviseurs ont été frappés, des lycées incendiés. Ce ne sont plus des débordements, c’est une offensive contre tout ce qui incarne l’autorité publique, de l’uniforme à l’école.
Ordre et Justice se tient aux côtés des policiers et des gendarmes blessés, et de leurs familles. Ils ont tenu sous les tirs de mortiers et les jets de projectiles, souvent en sous-nombre, en sachant que la moindre erreur leur serait reprochée plus durement qu’aux émeutiers leurs violences. Cette inversion des responsabilités ronge depuis des années l’autorité de ceux qui nous protègent ; elle doit cesser. Ordre et Justice salue tout autant l’engagement des sapeurs-pompiers, qui interviennent à découvert, sous les tirs, pour éteindre des feux délibérément allumés. Rappelons nous que le 29 septembre, ils manifestaient pour réclamer des renforts. Quelques jours plus tard, on les prenait pour cibles. Voilà où en est le pays.
Disons-le clairement, ces violences sont l’œuvre d’une minorité politisée et manipulée. L’immense majorité des lycéens n’y a pris aucune part. Ce sont eux, avec leurs professeurs et leurs chefs d’établissement, les premières victimes d’un État qui n’a pas su les protéger. Car le gouvernement a failli. Le ministre de l’Intérieur parlait lui-même de « violences urbaines » dès le 28 septembre. Il n’en a tiré aucune conséquence. Douze blessés dans les rangs des forces de l’ordre le lundi, quatre-vingt-trois le mercredi, plus de trois cents le jeudi ; n’importe quel chef de service de terrain aurait su lire et interpréter cette courbe. Place Beauvau, manifestement, personne n’en a été capable. Il a fallu attendre la pire journée pour que le Premier ministre réunisse une cellule de crise et que les préfets interdisent enfin les rassemblements aux abords des lycées. Entre-temps, des policiers envoyés en sous-effectif ont dû reculer, abandonnant un véhicule de secours à la foule. Ce n’est pas une fatalité. C’est le résultat d’un pouvoir qui commente au lieu de commander, et qui découvre chaque crise comme si la précédente n’avait jamais eu lieu.
Le garde des Sceaux réclame de la fermeté aux parquets et veut faire payer les parents. Soit.
Mais une circulaire n’a jamais remplacé une loi, et les annonces ne font pas une politique. Depuis les émeutes de 2023, le gouvernement a eu trois ans pour en tirer les leçons. Il n’a rien corrigé sur le fond. Ordre et Justice exige deux mesures, sans délai.
Une loi anti-émeutes. Le droit français ne connaît toujours pas d’infraction de participation à une émeute. En 2023, les enquêteurs ont dû puiser dans une multitude d’incriminations pour qualifier des faits que chacun avait vus. Nous demandons urgemment la création d’un délit autonome de participation active et volontaire à des violences collectives contre les personnes ou les biens, aggravé pour ceux qui les organisent ou les dirigent. Cette loi doit s’accompagner d’une doctrine d’emploi des forces propre aux situations émeutières. On ne fait pas face à une émeute avec les règles qui encadrent un cortège déclaré.
Une sanction immédiate pour tout mineur pris en flagrant délit. Ce qui dissuade, c’est la certitude et la rapidité de la sanction, bien plus que sa sévérité affichée. Tout mineur interpellé en flagrant délit de violences doit être présenté sans délai à un magistrat et faire l’objet d’une mesure contraignante exécutée sur-le-champ. Pour les faits graves – violences contre les forces de l’ordre, les pompiers ou les personnels de l’éducation, incendies –, il doit être jugé dans les quinze jours. Le législateur doit s’y engager sans attendre. Et l’État doit enfin donner à la justice des mineurs les magistrats et les éducateurs qui lui manquent. Une réforme sans moyens n’est qu’une promesse de plus.
À la veille de la mobilisation du 6 octobre, Ordre et Justice appelle nos concitoyens à manifester massivement leur soutien aux policiers, aux gendarmes et aux sapeurs-pompiers. Être aux côtés de ceux qui tiennent quand l’État vacille n’est ni de droite ni de gauche : c’est la condition de la paix civile. C’est désormais au gouvernement de prouver qu’il est encore capable de l’assurer.
Olivier DAMIEN
Commissaire honoraire - Président d’Ordre et Justice



