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Saint-Pierre-des-Corps : combien de nuits d’émeutes avant que l’État se réveille ?

il y a 22 minutes
2 min de lecture

Barricades, tirs de mortiers contre les forces de l’ordre, véhicules incendiés, policiers et gendarmes blessés : la nuit du 19 au 20 septembre à Saint-Pierre-des-Corps n’a rien d’un accident. Elle est la énième réplique d’un scénario que la France connaît par cœur. Un incident impliquant la police, une rumeur, puis l’embrasement. Clichy-sous-Bois en 2005, Villiers-le-Bel en 2007, Saint-Aignan en 2010, Nanterre et la France entière en 2023. Et aujourd’hui la Rabaterie.


À chaque fois, le même rituel. Des renforts dépêchés en urgence, des déclarations martiales au petit matin, quelques interpellations, puis l’oubli jusqu’à la prochaine fois. Vingt ans de « plans banlieue », de milliards d’euros engloutis et de discours sur la « reconquête républicaine » n’ont rien changé.


Dans ces quartiers, la loi de la République recule face à celle des bandes, et l’État se contente de gérer la crise plutôt que de la prévenir.

Cette impuissance a des causes connues. Une réponse pénale trop lente, trop incertaine, trop souvent symbolique, qui enseigne aux émeutiers que la violence ne coûte rien. Des rodéos motorisés tolérés au quotidien, alors que la loi permet, depuis 2018, de saisir et de confisquer les engins. Une police nationale dont les effectifs, aspirés par les missions d’urgence, éprouvent de plus en plus de difficultés à tenir le terrain entre deux crises.


À cette démission s’ajoute désormais la complicité morale. À Saint-Pierre-des-Corps, le maire, l’opposition de gauche et la famille du blessé elle-même ont appelé au calme. La France insoumise, seule, a refusé. Quand un parti politique juge un appel au calme prématuré tant que la violence n’a pas obtenu satisfaction, il ne défend plus les quartiers : il en fait des otages. Cette stratégie est connue ; elle a déjà été mise en œuvre en 2023. Elle consiste à faire de chaque émeute un procès de la police et de chaque émeutier une victime.


Ordre et Justice exige que l’on sorte enfin de la gestion de l’instant :

Une réponse pénale immédiate et certaine à l’encontre de tout auteur de violences contre les forces de l’ordre, avec réparation intégrale des dommages.

Une tolérance zéro effective à l’égard des rodéos motorisés.

Une refondation de la sécurité du quotidien, fondée sur une police municipale obligatoire pour les communes et intercommunalités de plus de 10 000 habitants et sur une troisième force de sécurité publique autonome, présente durablement sur le terrain, aux côtés de la police et de la gendarmerie nationales.



Un État qui ne protège plus ses policiers ne protège plus personne. Il est temps que les pouvoirs publics choisissent : tenir le territoire ou continuer à le perdre, nuit après nuit.


Olivier DAMIEN

Président d’Ordre et Justice

Commissaire divisionnaire honoraire

 
 
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