Narcoterrorisme : comment en venir à bout
- evpf29
- 31 déc. 2025
- 3 min de lecture

La France vacille, aujourd'hui, sous le poids d'une menace inédite : des phalanges armées s'érigent en puissances rivales de l'autorité publique. Ces groupes, loin de la délinquance d'antan, défient désormais ouvertement l'État, asservissent des quartiers entiers par la terreur et n'hésitent plus à porter le fer contre ceux qui incarnent la loi : magistrats, policiers et témoins. Cette pathologie sociale porte un nom que nous ne pouvons plus taire : le narcoterrorisme.
La chronique d'une barbarie ordinaire
Le constat est d'une brutalité qui peut aller jusqu’à l’insoutenable. À Marseille, l’horreur a atteint un paroxysme de sauvagerie lorsqu’un adolescent de quinze ans a été lardé de cinquante coups de couteau avant d’être livré aux flammes, victime sacrificielle des guerres de gangs. Près de Rennes, c’est l’innocence que l’on assassine. Un enfant de cinq ans a été grièvement atteint à la tête par une balle perdue. À la Grande Borne, le feu est devenu une arme de punition collective contre des familles soupçonnées de probité.
Dans ces territoires perdus de la République, l’enfance est dévoyée dès le berceau. À Grenoble, des guetteurs de douze ans, talkie-walkie en main, veillent et protègent le chaos. Ces organisations criminelles disposent maintenant d'un arsenal de guerre - kalachnikov, grenades et même lance-roquettes - qui transforme nos cités en véritables champs de bataille. À Marseille, le profit du sang versé s'élève à des centaines de millions d'euros annuels. À Grenoble, le « réseau des Villeneuve » générait des revenus mensuels se comptant en dizaines de millions. À Sevran, les fusillades éclatent sous les yeux impuissants de forces de l'ordre dont la présence ne suffit plus à masquer une réalité cruelle ; par le fer et l'argent, ce sont les trafiquants qui commandent.
L'impuissance de la loi
Face à cette hégémonie, notre droit actuel apparaît comme une armure de papier, tragiquement vétuste. Tandis que les trafiquants opèrent hors de toutes limites, nos enquêteurs restent enchaînés à des horaires de perquisition d'un autre âge. Ils se heurtent à des forteresses numériques telles qu'EncroChat, dont le cryptage militaire défie la loi.Le poison de la peur paralyse l'institution judiciaire. À Marseille, des jurés se désistent sous la menace, des magistrats sont condamnés à vivre sous une protection policière permanente, tandis que les témoins, broyés par la peur, se rétractent systématiquement (comme évoqué clairement par les magistrats eux-mêmes devant la commission d'enquête sénatoriale sur le narcotrafic, en 2024). Les gardes à vue classiques de 96 heures ne sont plus qu'une brève parenthèse, insuffisante pour démanteler des pieuvres internationales. Et le bilan est implacable : nous ne capturons que les « petites mains », aussitôt remplacées, alors que les têtes de l'hydre demeurent intouchables.
Le régime antiterroriste, le bouclier devenu nécessaire
Pourtant, la France possède déjà l'arme juridique adaptée aux périls systémiques provoqués par le narcotrafic : le régime antiterroriste. Depuis deux décennies, ce cadre a permis de briser les cellules djihadistes les plus déterminées. Gardes à vue prolongées jusqu'à 144 heures, perquisitions nocturnes, cours d'assises composées de magistrats professionnels et saisies patrimoniales massives sont des outils dont l'efficacité n'est plus à prouver.Pourquoi ne pas opposer aux cartels ce que nous appliquons à Daech ? Un criminel qui mitraille un commissariat ou qui corrompt un gardien de prison pour 50.000 euros afin d'orchestrer une évasion ne s'attaque-t-il pas frontalement à la nation ?Il est devenu impératif d'inscrire le narcoterrorisme dans notre droit positif. Cette qualification ne viserait pas le petit trafic, mais les organisations cumulant usage d'armes de guerre, contrôle territorial, corruption et puissance financière occulte. Pour ces réseaux, la réponse doit être absolue : six jours de garde à vue, des juges protégés des pressions, la saisie immédiate des avoirs et la perpétuité réelle pour les chefs de cartel.Cette réforme n'est pas une entorse à nos principes mais leur sauvegarde. Validée dans son esprit par le Conseil constitutionnel, elle ne cible aucune population, mais uniquement ceux qui ont déclaré la guerre à la France. Chaque jour d'inertie est une victoire pour le chaos. Il est temps de donner à la nation les armes de sa propre défense.
Source : Boulevard Voltaire



